Qui êtes-vous Malika ?
L’étape suivante de notre expédition « ferdjoukhienne » fut la rencontre avec Malika Ferdjoukh en chair et en os, le 1er mars. Elle s’est installée devant nous tout simplement, au CDI, et nous l’avons bombardée de questions
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sur sa vie

sur son travail d’écrivain

sur ses publications

sur son goût de la lecture

sur ses livres

et enfin sur ses projets en cours

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Sa vie
Jérémy : A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
Malika Ferdjoukh : En CM1 pendant les cours de maths. Comme écrivain, j’ai écrit un premier livre qui n’a pas été publié en 1985 et enfin j’ai été publiée pour la première fois en 1989, j’avais donc 32 ans
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Charlotte : Y-a-t-il d’autres écrivains dans votre famille ?
Malika Ferdjoukh : Non, dans ma famille les femmes pour la plupart n’ont pas été à l’école, elles n’écrivent pas.
Maeva : Est-ce que Malika Ferdjoukh est un nom de plume ?
Malika Ferdjoukh : Non, c’est mon vrai nom, j’utilise des pseudonymes uniquement quand j’écris des livres sur commande. En général ce sont des noms que je prends chez Hitchcock.
Jessy : Quel était votre rêve d’enfant ?
Malika Ferdjoukh : Vivre sur une île déserte, et c’est une envie que j’ai de plus en plus, mais pas une île avec des cocotiers, une île avec du vent, de la pluie, une île bretonne.
Flore : Vous écrivez pour les enfants. Est-ce que vous avez des enfants ?
Malika Ferdjoukh : Non et je pense que ça ne changerait rien. Un écrivain de jeunesse de mes amis a coutume de dire : « Je n’écris pas pour mes enfants, j’écris avec mon enfance », et je pense que c’est vrai.
Loïc : Etiez-vous bonne en français ?
Malika Ferdjoukh : Oui, mais ça n’a rien à voir avec le métier d’écrivain.
Mathieu : Avez-vous un autre métier ?
Malika Ferdjoukh : J’ai été institutrice pendant 10 ans. Maintenant mon métier est d’écrire, mais j’écris aussi d’autres choses, des romans sur commande, des scénarios …

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Son travail d’écrivain

Geoffrey : Pourquoi aimez-vous écrire ?
Malika Ferdjoukh : Qui te dit que j’aime écrire ? En fait je n’aime pas spécialement écrire, et j’aime de moins en moins ça. Parce que c’est de plus en plus long , de plus en plus difficile.. et puis je défie quiconque de me dire qu’il aime son métier tous les jours !
Florian : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire des livres ?
Malika Ferdjoukh : Les livres que j’ai lus, des livres importants pour moi, qui m’ont transformée, même si ce n’étaient pas forcément de bons livres. Le premier livre par exemple a été « Oui-Oui s’en va à l’école ».
Maxime : Pourquoi écrivez-vous des livres pour les enfants ?
Malika Ferdjoukh : Parce que les émotions de lecture de l’enfance sont des émotions très particulières ; c’est une manière pour moi de retrouver ces moments très particuliers et j’ai envie aussi de donner à mon tour ces émotions aux enfants.
Sébastien : Ou trouvez-vous votre inspiration ?
Malika Ferdjoukh : Je n’aime pas ce mot, comme si des choses arrivaient de l’extérieur. En fait, on devrait plutôt parler d’expiration car les idées sortent de l’intérieur de la personne. L’inspiration d’un auteur ce sont les désirs qu’il a. Par exemple j’aime bien les histoires qui se passent dans un laps de temps très court, une journée, une nuit comme dans « Rome l’enfer » ; j’aime bien aussi qu’il y ait un climat spécial, la neige, ou bien le vent, la pluie.. parce que ça va servir mon histoire. J’avais envie aussi depuis longtemps d’un Père Noël qui soit méchant….
Julie : Ecrivez-vous tous les jours ?
Malika Ferdjoukh : Malheureusement non. En 12 ou 13 ans j’ai écrit 13 ou 14 livres, ce n’est pas beaucoup, mais ce n’est pas grave, j’ai envie que ça reste un plaisir, au moins le plaisir d’avoir écrit quand le livre est fini.
Amandine : Avez-vous un endroit particulier pour écrire ?
Malika Ferdjoukh : Avant j’avais un studio que je louais. J’y allais tous les jours, même sans écrire. On peut écrire sans être assis à sa table, c’est ce que j’appelle « écrire debout ». On réfléchit à l’histoire, aux personnages… Ensuite, on commence à écrire à sa table.
Florian : Et maintenant où écrivez-vous ?
Malika Ferdjoukh : Je travaille dans mon bureau qui donne sur une cour à Paris. C’est un endroit très calme au bout de l’appartement, une pièce très petite, avec une fenêtre à laquelle je tourne le dos. C’est un espace très clos, avec mes objets familiers. Je ne pourrais pas travailler dans une grande pièce, dans une maison de campagne, dans un train, j’ai besoin d’être tout près de ma feuille.
Célia : Avez-vous déjà écrit des contes ?
Malika Ferdjoukh : Non, ce serait difficile pour moi car quand j’étais enfant on ne m’a pas raconté de contes. C’est quelque chose que je ne connais pas bien ; comme la BD aussi
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Alexis : Est-ce que vous écrivez à la main ou directement sur l’ordinateur ?
Malika Ferdjoukh : Sur l’ordinateur.
Teddy : Combien de temps mettez-vous pour écrire un livre ?
Malika Ferdjoukh : Le temps est très élastique. Ca dépend vraiment de chaque livre. Pour vous donner une idée, les deux extrêmes sont « Comme sur des roulettes » que j’ai écrit en une semaine et « Fais-moi peur » en presque quatre ans.

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Ses publications

Sabrina : Avez-vous écrit des histoires qui n’ont pas été publiées ?
Malika Ferdjoukh : Oui, mon premier roman que j’ai écrit en 1985 et qui s’appelait « La Capricieuse ». Heureusement d’ailleurs car il était très mauvais, mais il m’a été très utile car il m’a aidé à réfléchir à l’écriture.
Laura : Comment s’est passée votre première publication ?
Malika Ferdjoukh : Quand j’ai vu la collection Souris noire chez Syros, j’ai su que je voulais publier dans cette collection.
Sonia : Quel est le roman qui s’est vendu le plus ?
Malika Ferdjoukh : « Les joues roses ». Par contre « Faux numéro » ou « Rome l’enfer » se vendent très mal.
Samuel : Combien d’argent gagnez-vous sur chaque livre ?
Malika Ferdjoukh : Sur le prix de chaque livre il faut d’abord enlever la TVA, c’est à dire 5,5%. Ensuite l’éditeur donne un pourcentage à l’auteur. Ce pourcentage est variable : si l’éditeur est sympathique, il sera de 7%, ce qui signifie que sur un livre de 50 FF l’auteur gagne 3FF 15. Souvent le pourcentage est de 4 ou 5%, et parfois même, chez Bayard par exemple il descend à 1% !! Donc, même en vendant 13 ou 15 000 livres, le bénéfice est très faible. C’est pour cette raison que j’écris aussi sur commande, pour gagner ma vie.

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Son goût de la lecture

Léa : Aimez-vous lire ?
Malika Ferdjoukh : Oui, c’est quasiment une maladie. Même si la lecture n’a pas été évidente pour moi. J’ai passé un CP épouvantable et quand je suis entrée en CE1, je ne savais pas lire, c’était horrible. Je me demandais vraiment ce que je faisais dans la classe. Je dois beaucoup à Oui-Oui et à mon institutrice de CE1.
Léa : Quel genre de lecture et quels écrivains préférez-vous ?
Malika Ferdjoukh : J’aime tous les romans et j’aime aussi beaucoup d’écrivains. Ca dépend des moments, des jours de la semaine…. On peut me raconter tout ce qu’on veut du moment qu’on me le raconte bien.

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Ses livres

Benjamin : Relisez-vous vos propres livres ?
Malika Ferdjoukh : Je les relis à la sortie de l’imprimerie pour corriger les coquilles, mais je n’éprouve pas le besoin de les relire en entier. Il y a tellement de livres à lire !
Sébastien : Est-ce que vos livres racontent un peu votre vie ?

Malika Ferdjoukh : A priori non, aucun ne raconte ma vie, j’invente les événements, mais je parle de sentiments ou d’émotions que je connais.
Emily : Est-ce que certains personnages de vos romans ont existé ?
Malika Ferdjoukh : Non, mais je me mets à leur lace comme s’ils étaient vrais. Et puis je grappille des détails ici et là, je vole des choses de la vie…
Elodie : Quel type de roman préférez-vous écrire ?
Malika Ferdjoukh : En fait ceux que j’aime lire. Sauf que certains de mes livres m’auraient sans doute perturbée quand j’étais enfant. Mais j’écris souvent pour perturber.
Quentin : Vos livres ne parlent pas beaucoup d’animaux, pourquoi ?
Malika Ferdjoukh : Si, il y a toujours des animaux, surtout ceux que les gens n’aiment pas ou qui ont mauvaise réputation, des renards comme dans « Sombres citrouilles », des souris… Les araignées par exemple j’aime beaucoup. Mais c’est vrai que je ne me sens pas capable d’écrire des histoires où les animaux auraient le rôle principal.
Cédric : Pourquoi avez-vous choisi de faire mourir Henri dans « Rome, l’enfer » ?
Malika Ferdjoukh : Avant de commencer le livre, je savais que ça allait se terminer comme ça. C’est un itinéraire, il meurt d’en savoir trop sur le monde. J’aurais été malhonnête si j’avais écrit une autre fin.
Pierre-Yves : Quel est celui de vos livres que vous préférez ?
Malika Ferdjoukh : « L’Assassin de papa », parce que je crois que pour la première fois j’ai eu l’impression de dire ce que je voulais dire de la façon que je voulais. Même si ce n’est jamais totalement vrai. J’aime aussi les livres qui ont été les plus difficiles à écrire, ça fait partie du plaisir, je dirais donc « Fais-moi peur » ou « Sombres citrouilles ».
Adeline : On trouve beaucoup de nationalités dans vos romans. Pourquoi ?
Malika Ferdjoukh : Parce que je pense que c’est bien de ne pas rester dans son coin, il faut aller voir les autres, rencontrer d’autres civilisations, d’autres comportements.
Elise : Est-ce que vous écrivez pour passer un message de tolérance ?
Malika Ferdjoukh : Oui et non; chacun peut lire mes livres comme il le souhaite.
Mathieu : Pourquoi y-a-t-il souvent des enfants avec des handicaps physiques ou vivant dans des familles éclatées ?
Malika Ferdjoukh : C’est surtout dans mes premiers romans. Peut-être parce que si l’enfant a un handicap, ou s’il lui manque un parent, il apparaîtra plus fragile, plus sensible. J’ai aussi créé plusieurs personnages aveugles. Par exemple Gabriel dans « Fais-moi peur » est presque un symbole, du fait de son handicap il perçoit le monde différemment et il voit ce que les autres ne voient pas.

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Ses projets en cours

Jennifer et Marjorie : Avez-vous un projet de nouveau roman ?
Malika Ferdjoukh : Oui, j’écris l’histoire de 4 sœurs qui en réalité sont 5, un peu comme les trois Mousquetaires qui étaient 4. Il y aura en fait 4 tomes car chaque personnage a droit à un livre. Ce sera la vie de tous les jours des 4 frangines tout au long d’une année. Dans le premier volume il y aura du suspens, dans le deuxième plutôt la vie quotidienne et dans le dernier une histoire d’amour. Chaque livre sera différent mais avec les mêmes personnages. Ils devraient sortir fin 2002, je pense, ou au printemps 2003.

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